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17 Mai 2012, St Pascal
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Les vacances !

                                       VIVE LA HAUTE TECHNOLOGIE
                           « Trop bien quand ça marche ! »
 
Septembre 2OO5
             Ce matin, je me réveille pleine d’entrain. J’ai décidé de nettoyer la maison à fond. Cosette, bourrée de bonnes aspirations, s’arme donc de son aspirateur. Elle est bien déterminée à le passer partout, du sol, traquant la poussière dans les moindres recoins où elle s’agglutine exprès en magma gluant, au plafond parce que les guirlandes de minous en dehors de la période de Noël ça craint. Je branche donc sur on, et à ce moment précis, mes vrais minous se cachent sous les lits où je les poursuis gentiment (ça m’amuse…) La chienne Tina stresse aussi à la vue de ce robot muselé qui se laisse dominer stupidement. Tout avait donc très bien démarré jusqu’à la rencontre de la bête avec un stupide bouchon de bouteille d’Évian manifestement indigeste.
             Bilan, la petite bête a vaincu la grosse par étouffement. L’oxygène nécessaire à toute vie n’arrivant plus au système respiratoire du monstre vrombissant qui ne vrombit plus, et dont les poumons sifflent à cause du bouchon indestructible coincé en plein milieu du boyau de un mètre cinquante, c’est ce que je déduis en regardant par le bout de la lorgnette où je ne vois : rien. Je tente un décoinçage par pic à brochette interposé d’un côté puis de l’autre. Ce connard scotché en plein milieu me nargue et mettra bien deux siècles à se résorber. La bête agonise malgré mes encouragements puis insultes en tous genres. J’abandonne l’asthmatique à mon grand regret mais à la plus grande joie des animaux de la maisonnée que ce brusque silence semble ravir.
             Bref, je termine au Velléda qui a l’avantage, lui, de ne pas avaler de bouchons récalcitrants et de plus, il n’effraie personne. Tina se venge d’ailleurs en l’attaquant de front, ce qui ne va sûrement pas contribuer à accélérer le mouvement.
             J’entreprends en parallèle de mes activités ‘cosettatoires’, la mise en route de quelques battées de linge, enfin disons plutôt que j’essaie. La machine veut bien tourner quelques tours, mais ça s’arrête là, pas question d’aller plus avant. Elle ma lance un ‘bip bip strident’, s’arrête, et m’aveugle d’un E41 agressif.
             C’est à ce moment précis où je me dis que ce n’est pas mon jour, qu’il y a des jours avec et des jours sans, et que là, pour le coup, c’est un sans : sans aspirateur, sans machine, sans tous les avantages des nouvelles technologies dont on est censé profiter à l’aube du vingt et unième siècle.
             Evidemment, ça tombe le jour où j’ai tous les draps à laver = dix kilos de linge, vu que j’ai commencé mon grand nettoyage par les lits… bien sûr. Vu aussi que ce matin, dans le garage, je suis tombée maladroitement dans le noir sur un énorme sac inconnu au bataillon, qui contenait quinze shorts et maillots de toute l’équipe de foot de Julien, les tenues étaient en attente de lavage depuis trois jours, mouillées depuis dimanche et donc, à laver (merci d’avoir prévenu les gars) en urgence, vu l’odeur de pipi de chat qui s’en dégage.
A retenir : les maillots de foot mouillés oubliés dans un sac plastifié, ça schlingue…
             J’aurais dû, à cet instant précis tenir compte de ce mauvais présage, reflet de la journée à venir.
Bilan : vingt kilos de linge à laver et une machine qui s’en lave les circuits. Je me refuse néanmoins à jouer le remake de Cosette au lavoir. Mais bon, on n’est pas rendu !
             Bref, je me bagarre avec l’engin à présent, l’insulte à l’occasion, (ça soulage…). Entre chaque lessive envisagée, compter vingt à trente minutes de cafouillage, bricolage à quatre pattes, ouverture, fermeture de robinets divers des fois qu’il y aurait une bulle d’air coincée dans les tuyaux, ouverture et fermeture du clapet, des fois que je l’aurais mal clipsé, et re programmation avec essayages divers des fois qu’il y aurait un bug sur le coton 40 degrés, sans compter les vidangeages intempestifs, des fois qu’il resterait de l’eau au fond. Je nettoie même le filtre qui était nickel. L’opération de la dernière chance.
A chaque nouvel essai, la bête me répond inexorablement :
Bip bip E41.
             Entre temps, j’ai retrouvé la notice entre la pile des vieux draps au fin fond de l’armoire, après une heure de recherches, laquelle me livre tous ses secrets. Et je découvre avec extase le chapitre E41 qui voudrait dire ‘volet du tambour pas correctement fermé’ alors que je l’ai ouvert et refermé on ne peut plus hyper correctement au moins cinquante fois. Enfin, elle repart quand elle le décide après les diverses tentatives pré citées et de précieuses heures de cafouillage perdues en bricolage à quatre pattes et coups de pantoufles (aïe !) dans la carrosserie assortis de jurons mérités.
Bref, une journée entière pour venir à bout de quatre lessives !
Bonjour l’électronique du Néanderthael !
             J’en profite entre deux tentatives pour nettoyer les carreaux de la salle de bains au produit anticalcaire, vu que d’aspect brillant au départ, ils sont devenus mats.
Je renouvelle l’opération cinq fois pour enfin venir à bout du calcaire et établis le triste constat que ce produit miracle efface aussi les empreintes digitales dans la foulée, attendu que j’avais oublié d’enfiler les gants de chirurgien et que quand ça vous brûle, c’est trop tard, le mal est fait. J’ai dû gratter au ‘spontex’, puis à la lime à ongles et enfin au papier de verre (fin) les résidus de doigts blanchis au produit genre soude caustique.
Bilan : disparition totale de sillons digitaux.
On perd son identité.
             L’acoustique étant particulièrement bonne en ce lieu béni des génies sans bouillir, probablement à cause des siphons qui font caisse de résonance, j’entonne un :
- « supprimer les traces, la moindre trace, de ce qui reste de calcaire… même si je m’améliore, hum j’en rêve encore… »   À bon escient et hyper motivant.
Enfin la journée de dur labeur ‘cosettatoire’ s’achève, enfin presque, plus que deux lessives.

             Il est dix-sept heures quarante cinq. Je termine le ponçage des peaux blanches puis saute dans la Twingo pour récupérer mon cher Julien à la sortie du lycée. Arrivée au bout d’une rue hyper étroite, mon attention est attirée par un fond musical agressif de ‘pin-pon’ tonitruants agrémenté d’un spot rouge tournoyant non moins agressif, le gyrophare.
Si Starsky Hutch et ‘Huggy les bons tuyaux’ espèrent que je vais escalader une bordure de trente centimètres en rappel sans sécurité et bousiller ma jante par la même occasion, peuvent toujours rêver. Je les vois s’agiter dans le rétro et vociférer, ce à quoi je réponds par un geste d’impuissance (haussement d’épaules et bras en l’air) qui n’a pas l’air de les satisfaire.
Ben quoi, j’peux rien faire, non ?
Lorsque les voitures d’en face s’arrêtent vingt mètres plus haut, permettant ainsi à nos guignols de se déporter et me doubler en trombe en maugréant à l’attention de la mémère gourdasse : moi.
             Ouf ! J’arrive enfin sur la petite place où Julien m’attend. Ce dernier semble agité et m’accueille d’un :
- «  Quelle journée, maman ! » C’est de famille !
Je ne serais donc pas la seule ?
            Il me raconte son aventure. Une voiture banalisée qui arrive en dérapage limite contrôlé près de la friterie du coin (tiens !) Deux policiers qui en sautent en marche (tiens tiens !) et courent vers lui, un troisième restant au volant (mes fameux lascars !)
             Et là, on lui demande de coopérer à l’arrestation d’un malfaiteur. Son rôle est simple : il lui demande l’heure et s’éloigne rapidement, le temps pour eux de se placer pour interpeller l’individu. Mon Julien, malgré la mine franchement tueur en série de l’homme en question, obtempère en admirant la discrétion des deux têtes de guignols sans képis dépassant des deux rideaux de la scène (la friterie). Il a la curieuse impression de tenir un rôle de figurant pour un sitcom de série B à tout petit budget…
Il s’éloigne et mes deux ectoplasmes réintègrent leur corps, encerclent Quasimodo et procèdent à son arrestation.
             C’est quand même incroyable, parce que bon…La police nationale racolant des mineurs pour les faire bosser au noir sur des missions délicates, jamais vu ça ! Sans compter que si le malfaiteur à tête de psychopathe avait repéré la tronche discrète des deux spectres sans corps dépassant du rideau, la bavure n’était pas loin…
Mon fils, un appât, sympa la brigade de requins !
La prochaine fois, juré promis, je leur bloque la route en travers s’ils tentent de me doubler et on règle nos comptes. D’autant plus que je ne crains rien, je n’ai plus d’empreintes digitales.
Non mais des fois !

             Enfin, on rentre à la maison, et Julien prépare son sac de sport rapidement car il a entraînement de foot ce soir, tout en me racontant sa deuxième B.A., à l’école.
     Il charroya en outre, de ses bras musclés, une jeune princesse pâmée jusqu’à la salle des potions. La gente damoiselle lui chut littéralement dans les bras et eut juste le temps de le prévenir qu’elle s’évanouissait. Ne trouvant pas de sels salvateurs à proximité, le preux chevalier tenta de la ressusciter par un réflexe de pompier futuriste bien naturel : en l’allongeant, jambes surélevées et en lui administrant quelques gifles (elle eût préféré sans nul doute un baiser salutaire, plus romantique certes, mais tellement suranné…) La méthode Julien des temps modernes s’avéra très efficace, mais la dulcinée replongea dans les bras de Morphée dès qu’il tenta une remise sur brodequins. Il aéroporta donc vaillamment ce poids mort tout seul, tel un Roméo charriant sa Juliette agonisante jusqu’à l’infirmerie.
Très chevaleresque, mon fils et quel sang froid !
Manquait juste la côte de maille !
Je lui dis qu’il peut être fier de son geste et que ce n’est pas sa faute à lui, s’il leur fait un tel effet ! Faut bien assumer !


             Mais revenons aux temps modernes. Durant le trajet en voiture vers le terrain de sport, Julien me charge d’une mission délicate : lui dénicher une petite, bouteille, ronde, en plastique, de Schweppes, (chaque terme a son importance…) pour le cours de sciences physique du lendemain.
Jamais vu ça, mais bon, s’il le dit, ça doit exister…
Il me note sur papier.
On se demande pourquoi !
             Un Auchan, un E.D., un Match et trois chefs de rayons hors service plus tard, il s’avère que cette denrée soit inconnue au bataillon. J’opte donc pour une bouteille 25 cl de Vittel pomme ronde, en plastique, qu’il videra pour la remplir de Schweppes… Après cette mission quasi impossible, le message s’autodétruit comme prévu, et ‘la drôle de dame’ est sur les rotules. L’heure de la fin de l’entraînement de ‘Charlie’ a sonné et je le récupère en pleine forme. Je ne manque pas de le remercier chaleureusement pour m’avoir obligée à ameuter la ville entière dont aucun habitant n’a jamais entendu parler de petite, bouteille, ronde, de Schweppes, en plastique.
Je lui expose le subterfuge prévu, ce à quoi il me répond stoïquement :
- « Pas grave si c’est de l’eau plate. »
Merci de l’avoir précisé au départ.
Restons zen.
             De retour au foyer, je décharge mon agressivité sur une  machine à mettre en route pour les polos qui puent la litière de quinze jours, secoue l’engin, bouge les tuyaux, ouvre et ferme les robinets, peste contre le E 41 qui s’affiche à nouveau, retape dans la carrosserie, et ça finit par payer. Le problème, c’est que j’ai tellement essayé de trucs que je serais incapable de déceler ce qui la fait repartir.
Traduction : tout sera à refaire au prochain caprice…
Vive la haute technologie !
             D’autant que je commence à croire qu’il y a du surnaturel là-dessous. Mon petit lutin farceur aurait élu domicile dans la salle de bains que ça ne m’étonnerait pas.
Je vous raconte.
On a une fuite indécelable, alors on cherche depuis des lustres. Rien trouvé à ce jour !
             Et pire, pas plus tard que la semaine dernière, on a eu la belle fuite décelable, vu que Julien a laissé couler l’eau hors de la baignoire pendant qu’il surfait sur les vagues d’Internet.
Bonjour le dégât des eaux qui a dévalé les escaliers pour nous interpeller d’un ‘ploc ploc’ régulier et nonchalant.
Bilan : dix centimètres d’eau dans la pièce, appel du plongeur diplômé quatre étoiles pour en venir à bout et plus une serviette sèche dans un rayon de dix kilomètres.

             Jean-Pierre, quant à lui, est aujourd’hui en déplacement à Paris et rentrera tard.
Téléphone (en bas). Ce doit être lui.
J’abandonne ma saleté de machine et cavale dans les escaliers.
Je compte mentalement (parce qu’il me fait le coup à chaque fois) : quatre sonneries, et quatre sonneries, c’est peu.
Même en comptant trois marches à la sonnerie, c’est juste.
J’arrive au but : il a raccroché.
Et merde !
Peut pas laisser sonner plus longtemps, le parigot, tête de veau, non ? J’arrête pas de le lui dire, dix sonneries minimum, merde !
             Du coup, il compose mon numéro de portable, qui est dans mon sac, qui est en haut, bien sûr. Je remonte les escaliers quatre à quatre (là, je regrette d’avoir pris mon entraînement de course avec obstacle par-dessus la jambe en cours de CM2 parce que bon, ça aurait pu aider…)
Je me précipite sur mon sac. Le portable est dans la pochette avec fermeture éclair qui se coince, normal, et quand je l’ai enfin en main, la sonnerie s’arrête, évidemment.
             Jean-Pierre choisit donc de m’envoyer un message que je m’empresse d’effacer AVANT lecture, vu que je n’ai pas mes lunettes de vue et que du coup, la taupe que je suis devenue appuie sur une touche débile qui efface tout.
              Je décide de le rappeler avant la crise de nerfs, ce sera plus simple. Mais il est sur répondeur.
Le p….n de téléphone du parigot a ses sautes d’humeur lui aussi en ce moment. Il ne sonne plus du tout et enclenche la messagerie AVANT de sonner.
Vive le monde moderne !
Merde ! J’abandonne.
De toutes façons, je sais ce qu’il va me dire :
- «  Je prends le TGV, serai là dans environ 1h30 » la routine.
            En même temps, c’est quand même moi qui râle s’il ne prévient pas, c’est bien pour ça qu’il appelle…
Enfin j’ai réussi à faire démarrer la dernière lessive litière et afin de retrouver ma zénitude profonde et la couleur des oreilles qui va avec, je pense à ce vieil adage :
‘Les jours se suivent et ne se ressemblent pas.’
A moins que ce ne soit :
‘Les jours se suivent et se ressemblent…’
Parce que, si c’est la deuxième la bonne, j’aime autant vous dire que j’abdique de mon poste de Cosette super motivée dès ce soir et le Julien Thénardier ira boire un bouillon tout seul dans les stocks de ce qu’il voudra à Auchan ou ailleurs, et le  Jean-Pierre Valjean ne tardera pas à courir d’un téléphone à l’autre en arrivant trop tard, parce que bon… il y a des limites, tout de même…
             Le pire, c’est que je n’en ai pas fini avec mon nettoyage d’automne et j’envisage demain de m’attaquer au repassage et à la cuisine…
             En ce qui concerne le repassage, faudra voir. Vu que mon fer haute technologie a pété les plombs hier et fait sauter ceux de la maison par la même occasion. L’eau versée dans le réservoir coulait par en dessous aussi sec paradoxalement parlant.
Là, j’ai bien failli disjoncter.
Il me reste donc le fer de dépannage pour habits de poupée, ça risque d’être long…
             Quant au récurage cuisine, je m’attends au pire :
Un Boeing E41 qui s’écrasera sur mon toit, explosant sa cargaison de mini, bouteilles, rondes, en plastique, provoquant un raz de marée de Schweppes sur Lys lez Lannoy ?
Allez savoir ! Dans tous les cas, au moindre mauvais présage, je fais comme si je n’étais pas là…
C’est vrai, ça !
Si le moindre logiciel perd toute logique…
Si le moindre circuit intégré se désintègre allègrement…
Où va-t-on ? Hum ? Je vous le demande…


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J'kaz !
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Le Jeudi 09 Juillet 2009
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